Le décès du Cheikh Benalioua - L'Écho d'Oran 15/07/1934

Le Cheikh Ben Alioua
est mort à Mostaganem le 14 juillet 1934. Il était l'objet d'une vénération particulière

C'est avec une profonde émotion que le monde musulman a appris le décès du célèbre et vénère marabout Cheikh ben Allioua.

Né en janvier 1874 à Mostaganem, le jeune Ben Allioua s'était voué corps et âme à la défense de la religion du Prophète. Il fréquenta de bonne heure les médersas les plus réputées  de l’Algérie ou son esprit put acquérir un solide bagage intellectuel.

Le cheikh Sidi Hammou Bouzidi, charmé et captivé par sa haute intelligence, s’intéressa à lui et le fit agréer comme adepte de sa confrérie des Bouzidia.
 
Hadj Ahmed ould Mustapha effectua de nombreux voyages qui lui permirent d'acquérir des connaissances plus vastes sur les beautés et 1es misères de 1'humanité. Ses relations, sa philosophie et la justesse de ses jugements qu'il a pu développer on plusieurs volumes lui ont acquis une renommée mondiale. Il n'est certainement pas un seul musulman qui ne connaisse le nom prestigieux du cheikh Ben Alloua.

En Algérie, en Tunisie, en Tripolitaine, au Maroc, en Arabie, en Égypte, en Syrie, partout où le Coran s'est implanté, les lumières de ce savant ont éclairci beaucoup de cerveaux. Son influence, chaque jour plus grandissante, a fait de lui un saint, un marabout. Et c est à la mort de Bouzidi, qu'il fut désigné comme cheikh par ses confrères et qu il réussit à force de patience et de persévérance à créer et consolider la confrérie des Alaouïas, désormais répandue aux quatre coins du globe.

Marié tôt, il n'eut pas te bonheur d'avoir d'enfants, il adopta un neveu qu'il adora comme son propre enfant, mais dont la mort brutale le frappa cruellement.

Sa vie a été aussi noble que modeste, aussi grandiose que désintéressée, car ce hadj qui a rendu plusieurs fois visite à la Kaaba, a partagé toutes ses heures entre la prière et le bien. Nul pauvre, nul mesquine n'a pu passer près de lui, sans avoir le couvert, le gite et l'argent du voyage. Mais si le vénérable marabout s'est entièrement consacré a la religion musulmane s'il a fait abnégation de sa vie pour secourir celle des autres, si son intelligence et sa haute culture intellectuelle ont franchi les djebels et 1es océans, il n'en est pas moins demeuré un ami de la France et des Français. Reçu et vénéré dans toutes les sphères, dans tous les milieux. il a su conquérir la sympathie et l'amitié de tous ceux qui 1'ont pu approcher. Si le monde musulman perd en lui un grand saint, 1es français perdent également un grand ami. Cet homme a rendu l'âme après de longues et terribles souffrances. Terrassé par la fièvre de Malte, il a jusqu'à sa dernière heure, usé ses forces à faire le bien, à écrire et à arracher, aux cœurs farouches, les haines et les inimitiés, pour les attirer vert le bonheur et la béatitude de la religion, vers les préceptes moraux et bienfaisants du Coran. 
 
L'Algérie entière, sans distinction de race ou de religion, s'inclinera devant ce grand saint.  
 
- S...
 
 
 

 
 

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