Cheikh Al-Alawi - LES PROPOS RECEVABLES à la portée de la raison (V1)

Cette inédite traduction de l'épître du cheikh Ahmad al-ʿAlāwī, écrit en 1913, se présente comme un exposé bref et méthodique des fondements de la croyance. Son titre arabe, (al-Qawl al-maqbūl fīmā tatawassalu ilayhi al-ʿuqūl), que l’on peut rendre par « les Propos Acceptables ce que la raison peut établir », indique d’emblée son intention : montrer ce que la raison peut établir par elle-même en matière de foi, et ce qui, au-delà de ses seules capacités, doit être reçu par l’adhésion à la Révélation.

L’auteur précise dans son introduction qu’il a composé ce texte en réponse à la demande de quelques proches qui souhaitaient disposer d’un exposé succinct des fondements de la doctrine de foi, présenté selon une argumentation rationnelle et ordonnée, sans qu’il soit nécessaire de maîtriser au préalable le vocabulaire technique des logiciens.

L’épître originale est organisée en trois sections complémentaires:

1. La première traite de ce que l’être humain religieusement responsable doit reconnaître par la raison : l’existence de Dieu, Son unicité et les attributs qui Lui conviennent. L’auteur y développe une démonstration fondée sur l’observation du monde, sur le caractère advenu et dépendant des êtres créés, et sur l’impossibilité qu’ils soient eux-mêmes la cause ultime de leur propre existence. Il affirme également les attributs divins de puissance, de volonté, de science, d’ouïe, de vue, de vie et de parole, tout en insistant sur la transcendance absolue de Dieu et sur Son incomparabilité avec les créatures.

2. La deuxième section porte sur ce devant quoi il convient de s’en remettre à Dieu concernant Ses actes et Son décret. Le cheikh y rappelle que Dieu agit librement dans Son royaume, qu’Il n’est soumis à aucune contrainte extérieure et que Sa sagesse ne saurait être mesurée à l’échelle limitée du jugement humain. Les questions de l’obéissance et de la désobéissance, de la récompense et du châtiment y sont ainsi replacées dans le cadre de la souveraineté et de la sagesse divines.

3. La troisième section est consacrée à ce qui doit être cru sur la foi de la Révélation. Elle reprend les grands objets de la foi : Dieu, les anges, les Livres révélés, les envoyés et le Jour dernier. L’auteur souligne que la raison peut reconnaître la possibilité et la cohérence de ces vérités, mais que leur connaissance détaillée dépend nécessairement de l’enseignement prophétique. Il évoque également la véracité de la mission du Prophète Muhammad ﷺ et la valeur probante des miracles qui attestent sa mission.

La conclusion résume l’orientation générale de l’épître : la foi véritable est d’abord un assentiment du cœur, auquel s’ajoute la profession de la langue, et elle doit parvenir à une certitude suffisamment enracinée pour demeurer ferme jusqu’à la mort.
L’auteur clôt son texte par une invocation dans laquelle il demande à Dieu la protection, la rectitude, la purification du cœur et la constance dans la foi.

Par sa brièveté, son organisation et son souci d’articuler raison, Révélation et certitude spirituelle, cette épître constitue ainsi une initiation condensée aux principes de la croyance. Elle ne cherche pas à multiplier les développements spéculatifs, mais à conduire le lecteur vers une compréhension ordonnée de la foi, en distinguant ce que la raison peut établir, ce qu’elle doit reconnaître comme possible et ce que seule la Révélation permet de connaître dans le détail.


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